Les éditeurs doivent s’allier pour redécouvrir la technologie

Il est véritablement possible de concilier édition et technologie, selon Javier Celaya : « À l’ère du numérique, les éditeurs doivent rechercher des alliances stratégiques, s’allier pour compétitionner et apprendre à faire confiance aux gens des technologies, aux chargés de projets et aux développeurs : créez des contenus distincts, bien sûr, mais pour partager une technologie commune! »

Monsieur Celaya, fondateur du blogue d’informations Dosdoce.com et grand observateur du monde de la culture et des technologies, était de passage à Québec les 27 et 28 mai derniers afin de participer au séminaire des partenaires de Cantook, Convergence, l’événement rassembleur organisé par la compagnie De Marque.

Qu’on se rappelle seulement : à travers le temps, les éditeurs ont dû apprivoiser et faire évoluer les techniques de l’imprimerie pour être à l’avant-garde de la technologie; « Les éditeurs sont des gens de technologie! » Avec le numérique, cette fois-ci, ils doivent apprendre une nouvelle forme de technologie. Les développeurs, designers et analystes informatiques peuvent évidemment les aider à se doter d’outils qui répondront à leurs besoins et qui faciliteront la distribution et la diffusion de leurs oeuvres à l’échelle internationale.

Selon M. Celaya, les éditeurs doivent ouvrir leurs portes aux geeks pour poursuivre leur croissance aujourd’hui : « Seuls, vous n’y arriverez pas. Essayez et vous verrez! »

Des opportunités inexplorées : distribution mondiale, données et prix

Des opportunités encore inexplorées se présentent aux éditeurs : « Le marché de la distribution s’ouvre plus que jamais. » Par exemple, les éditeurs n’ont plus besoin de vendre les droits de traduction de leurs livres : ils peuvent traduire eux-mêmes leurs ouvrages et les distribuer en version numérique dans une multitude de points de vente.

Parmi ces opportunités à saisir se trouvent les informations (data) que les éditeurs peuvent aujourd’hui recueillir à propos de leurs lecteurs : « Data is the new oil of the 21st century! Les éditeurs doivent se préoccuper de recueillir et de compiler les données sur les habitudes de leurs lecteurs. Qui achète leurs livres? Qui les lit? Les éditeurs devraient créer des communautés virtuelles autour de leurs livres et de leurs auteurs, toujours avec l’idée d’en apprendre davantage à propos des lecteurs. Seulement savoir qu’un livre a été acheté, ce n’est plus suffisant! »

Par ailleurs, la distribution numérique conduit assurément vers de nouveaux modèles économiques : « Le modèle du prix de vente par unité s’effrite », a indiqué M. Celaya. Des modèles par abonnement à des sélections de livres voient le jour, de même que des modes de paiement selon le nombre de pages lues. Il est donc important de considérer toutes les avenues potentielles.

M. Celaya conseille également aux éditeurs d’être proactifs et de tendre vers des politiques de prix plus dynamiques, qui s’adaptent aux moments de l’année, en effectuant des changements de prix. Selon lui, par exemple, lorsqu’un second tome est publié, le prix du tome 1 devrait être réduit pour inciter des lecteurs à amorcer la lecture de la série. Il rappelle qu’il ne s’agit pas là de réduire les prix au maximum, mais plutôt de trouver le juste prix pour une oeuvre dans le but d’augmenter les chances de « découvrabilité » (incitatif à la découverte via un changement de prix promotionnel).

N’oublions pas : « À l’ère du numérique, aucun chemin n’est tracé à l’avance… Il faut faire des essais et s’ajuster au fur et à mesure… »


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