Charlie

La semaine s’achève. Une semaine folle. Triste. Effrayante.

À peine les voeux de bonne année faits à mes amis français — ex-collègues, clients, partenaires — l’horreur les a frappés. En plein coeur de Paris… jusque dans le XIIe arrondissement, que j’ai habité avec tellement de plaisir pendant presque trois ans.

Twitter, Facebook, courriels et les échanges de SMS ont relayé l’amitié toute la semaine. Heureusement, l’amitié. Mais ça fait réfléchir. Beaucoup.

J’étais à New York, au pied des tours, le 11 septembre 2001. J’ai couru pour sauver ma peau. J’ai évidemment eu peur. La destruction était visible. Elle l’a été longtemps.

Cette semaine je n’ai pas eu à courir, mais j’ai eu peur aussi. Et j’ai peur encore. Sans trop savoir de quoi. Il y a la violence et les morts, bien sûr — mais il y aussi une grande destruction, invisible. C’est peut-être pire. C’est comme ça que je le sens pour le moment en tout cas.

Ça touche à la liberté d’expression, à la culture, à la diversité, à la politique et au vivre ensemble. Ça touche à mes engagements les plus forts.

Ça touche aussi les convictions personnelles et les motivations professionnelles de plusieurs de mes collègues chez De Marque et ça touche les gens avec qui nous travaillons tous les jours : auteurs, éditeurs, libraires, notamment. Au Québec, en France et ailleurs.

Mine de rien, ce à quoi on travaille tous les jours ici en pianotant sur les touches de nos claviers, c’est à favoriser la circulation des idées et des oeuvres sous une forme numérique — devenue indispensable. À notre façon, dans les limites de nos moyens et de nos contraintes, bien sûr, mais toujours guidés par la volonté de soutenir la diversité et d’accroître la portée des oeuvres.

C’est comme ça que nous sommes, chez De Marque, nous aussi, un peu, Charlie.

Très humblement.

En levant notre chapeau aux auteurs et aux éditeurs.
En souhaitant beaucoup de courage à nos amis français.
Et en rendant hommage aux morts de cette terrible semaine.

On continue.


Une réponse

    Depuis l’an 2000, les actes terrorismes augmentent de manière très significative. Aucun peuple, aucune ville n’est maintenant à l’abri. Alors qu’à l’époque les actes terrorismes étaient surtout en lien avec l’indépendance des nations et/ou en réponse à des décisions politiques, maintenant c’est le fanatisme religieux, principalement Islamiste, qui recrute partout des combattants. Ces intégristes ne représentent pas du tout les Musulmans et les enseignements du Coran ni aucune autre religion.

    La liberté d’expression et la diversité des opinions est à la base de la démocratie. Tout le monde n’est pas prêt à agir et prendre position comme Charlie. Personnellement, je ne suis pas prêt à m’afficher « Je suis Charlie » car je ne cherche pas la polémique, mais il y a une place pour les Charlie de ce monde et c’est même nécessaire pour hausser les débats idéologiques, conscientiser et nous sortir de notre confort. Nous devrions toujours pouvoir partager nos convictions les plus profondes, quitte à choquer certains et brasser des idéaux mais pas dans le but de provoquer et manquer de respect.

    Félicitations, Clément, pour ce billet si bien exprimé. Tes écrits, ouverts sur une conscience collective, participent au monde de demain. Je me joins à toi pour souhaiter courage à ceux et celles qui furent éprouvés de près par ces actes indignes et sans scrupule n’ayant pour fondement que de semer la terreur.

    Jean-Denis


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